Loches est une petite ville médiévale surmontée du plus ancien donjon d'Europe construit au Haut Moyen Age par Foulques Nerra. La ville est citée par Grégoire de Tours sous le nom de Lucca.
Au Xe siècle, les querelles incessantes qui opposent les comtes de Blois aux comtes d'Anjou, sont à l'origine de l'essor du château de Loches qui jouera un rôle prépondérant dans cette lutte de pouvoir. L'angevin Geoffroi Grisegonelle s'établit à Loches et fait construire une église. Son fils Foulques Nerra fit construire l'énorme donjon quadrangulaire toujours visible de nos jours. Ce donjon faisait partie d'un dispositif militaire angevin de fortifications encerclant la ville de Tours, objet de toutes ses convoitises. C'est son fils, Geoffroi II Martel, qui mena à terme la construction de cet imposant édifice.
En 1195, alors que Loches dépend maintenant de la couronne anglaise, Philippe Auguste intrigue avec Jean sans Terre, le frère de Richard Cœur de Lion prisonnier en Autriche, et se fait donner Loches. Dès qu'il est libéré, l'impétueux Cœur de Lion accourt et reprend le château de Loches. Dix ans après, en 1205, Philippe Auguste prend sa revanche. Le siège dure un an. Loches est désormais prison d'Etat et les rois s'efforcent de la rendre inexpugnable.
En 1249, la seigneurie de Loches passa définitivement au Domaine royal français après que Saint Louis l'eut achetée avec celle de Châtillon-sur-Indre pour 600 livres.
Au XVe siècle, Agnès Sorel, favorite de Charles VII, vient habiter Loches. Elle abandonne la cour de Chinon, où le Dauphin (futur Louis XI) lui a créé bien des difficultés. En effet, ce dernier ne supporte pas la relation d’Agnès avec son père le roi Charles VII. Il estime que sa mère est bafouée et un jour il poursuit, l’épée à la main, l’infortunée Agnès dans les pièces de la maison royale. Agnès Sorel se réfugie à Loches et Charles VII, courroucé par tant d’impertinence, chasse son fils de la Cour et l’envoie gouverner le Dauphiné...
Non loin du Donjon, bâti sur la pointe de l’éperon rocheux dominant la vallée de l’Indre, le Logis Royal est l’une des résidences favorites des Valois pendant la Guerre de Cent Ans. Charles VII érige un premier corps de logis inspiré de l’architecture militaire, à la fin du XIVe siècle. Ses successeurs le prolongent d’un deuxième bâtiment dont la façade reçoit un décor de style gothique flamboyant. Trois femmes illustres ont marqué l’histoire du Logis Royal : Jeanne d’Arc, Agnès Sorel, favorite de Charles VII et Anne de Bretagne. Ouvert toute l‘année sauf le 25 décembre et le 1er janvier. Du 02/01 au 31/03 et du 01/10 au 31/12 : de 9h30 à 17h. Du 01/04 au 30/09 : de 9h à 19h.
Agnès Sorel est née au début du XVe siècle, fort probablement dans les années 1420. Officiellement, elle est demoiselle de la maison de la reine Marie d'Anjou, mais elle obtient le statut de favorite officielle de Charles VII, ce qui est une nouveauté : les rois de France avaient jusque-là des maîtresses mais elles devaient rester dans l'ombre.
Philippe de Commynes (1445-1511) est un homme politique français d'origine flamande. Pendant la Régence d'Anne de Beaujeu, il joue un rôle actif dans la coalition formée autour du futur Louis XII, pour enlever le jeune Charles VIII. Commynes est arrêté au mois de février 1487 et enfermé au château de Loches, dans une cage de fer, où il demeurera cinq mois.
Foulques Nerra (965-1040), Comte d'Anjou, est un personnage d'un naturel violent et d'une énergie peu commune. Il se montre souvent cruel, mais ses remords sont à la hauteur de ses crimes : il multiplie les abbayes dans ses domaines et part, à trois reprises, pour la Terre sainte pour laver ses nombreux péchés, et pour se faire pardonner ses crimes.